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De retour de Devoxx : Imaginons notre métier de développeur dans 20 ans

Début Avril se déroulait la 4ème édition de Devoxx France. Un évènement avec un goût de nouveauté car il se déroulait pour la première fois à la Cité des Congrès de Paris. Un cadre prestigieux permettant d’accueillir encore plus de développeurs et de conférenciers. Imaginez : 1800 participants, 200 speakers, et plus de 220 talks ! Tout cela, présenté au cours des trois jours de conférences.

Cette année, les organisateurs ont souhaité nous faire réfléchir au métier de développeur informatique dans 20 ans. Chez SQLI, nous avons déniché une vieille carcasse de DeLorean, confectionné un convecteur spatio-temporel avec quelques Arduino (oui, oui, on peut, c’est écrit au fin fond du guide de référence), soudé quelques condensateurs : et hop ! Nous avons construit une machine à voyager dans le temps et avons été projetés jusqu’en 2035. Nous vous faisons un petit retour de ce que nous avons vu… à la sauce Future<Devoxx> !

Devoxx me up, Scotty*

Début 2000, Devoxx, était initialement une conférence basée à Anvers. Elle s’est ensuite ouverte à Paris au sein d’un Devoxx France en 2012, suivi de Londres en 2014, puis d’un Devoxx Pologne en 2015. Une nouveauté importante en 2015 : l’ouverture de Devoxx au continent Africain avec  un nouveau pays Devoxxien : Devoxx Marocco.

En 2035, toutes les grandes villes européennes possèdent leur Devoxx. Après l’ouverture au continent Africain, c’est l’Asie qui s’y met rapidement et bientôt le concept Devoxx s’étend au monde entier.

Plus d’infos sur cette conférence sur www.devoxx.ma/fr

* Scottie, télé-devoxx-portation !

Prod? Where we’re going we don’t need Prod!*

En 2035, dans la plupart des entreprises, les serveurs ne seront plus des ressources gérées directement en interne. La Production – telle qu’on la connaît en 2015 – n’est plus. Les serveurs sont entièrement externalisés vers des services de Cloud (en 2015, on voit d’ailleurs de plus en plus d’acteurs présents sur le Cloud, Microsoft Azure qui étend son offre, IBM Bluemix). Chaque exécution d’application se traduit par une demande “CPU/mémoire/stockage/bande passante” définie en amont par les développeurs. Ceux-ci ne se soucient donc plus de savoir où sont publiées physiquement leurs applications mais seulement de ce dont elles ont besoin.

Apache Mesos qui permet de distribuer les applications sur différents modes d’exécutions, selon les ressources disponibles sur un ensemble de serveurs.  Les besoins des applications peuvent évoluer de manière élastique et les nouvelles ressources disponibles sont prises en compte en temps réel.  Les serveurs  sont dorénavant des ressources d’entreprise, payées à la demande, au même titre que l’électricité ou le chauffage…

Quelques talks associés :

  • « The end of server management : hosting have to become a commodity », par Q. Adam,
  • « Mesos University », A. Maury et al.,
  • « Bluemix, l’avenir du développement dans le Cloud », par J. Gauci,
  • « L’écosystème Docker sur Azure », par P. Chanezon,
  • « Scaling Docker with Kubernetes », par Carlos Sanchez.

* La Prod? Là où on va, on n’a pas besoin de Prod

Everybody remember where we (s)parked?*

Depuis longtemps, les frameworks et API aident à tirer parti de ces ressources, qu’elles soient distribuées sur plusieurs serveurs ou sur plusieurs cœurs. Les langages eux-mêmes sont pensés pour faciliter la distribution des calculs. Ils marient l’approche OOP à la démarche fonctionnelle et proposent nativement des instructions de parallélisation facilitant ainsi le développement d’applications réactives.

La généralisation des conteneurs (Docker menant toujours la danse), fait perdre l’intérêt des langages à compilation intermédiaire. Java, .NET, Scala, Groovy sont morts depuis longtemps en 2035… Tous les développeurs sont revenus sur des langages compilant en natif pour lesquels on compile pour une seule plateforme puisqu’elle sera conteneurisée. Tout le monde y gagne : les développeurs programment et compilent plus rapidement, les utilisateurs profitent d’exécutions plus rapides.

En 2035, ces types de langage (dont Go et Rust ont été les précurseurs) sont couramment mis en place pour les grosses applications distribuées en production.

Quelques talks associés :

  • Initiation à Spark avec Java 8 et Scala, par H. Saleh & O. Girardot
  • Go Tutorial, par F.Campoy Flores
  • Refactoring to functional, par Hadi Hariri
  • Présentation de Rust, par M. Poumeyrol et P. Baillet
  • API Asynchrones en Java 8, par J. Paumard

* Quelqu’un sait où on spark ?

Sometimes the scariest things come from within…*

En 2035, JavaScript a disparu depuis quelques années… Mais il ne faut pas oublier qu’il a été LE langage de prédilection pendant un grande partie des années 2010 pour le développement Frontend… mais pas que. Il a été également présent côté serveur. Cette particularité assure ainsi au langage une capacité isomorphique. Pour aider cet isomorphisme, Browserify, a permis de modulariser le code de manière cohérente entre la partie cliente et serveur.

L’année 2015 a vu le Web faire un grand pas en avant avec notamment l’introduction des Web Components (et tout particulièrement son implémentation Google : PolymerJS) et des Web Workers. Nos développements Web s’en sont trouvés facilités et toujours plus robustes. Côté langage, en attendant la norme ES6, c’est TypeScript – une surcouche JS – qui se met en place, notamment dans un Framework très à la mode à l’époque : Angular 2. TypeScript offre l’avantage d’être typé, améliore la brièveté du code et sa lisibilité. C’est à cette époque que le JavaScript est finalement devenu l’assembleur du web laissant ainsi la place à des langages typés, qui sont dorénavant pris en compte par les navigateurs.

Quelques talks associés :

  • « Se préparer dès maintenant à l’arrivée d’Angular 2 », par R. Linsolas
  • « Modulariser son application AngularJS avec Browserify », par A. Richard
  •  » Typescript, le javascript statiquement typé », par B. Lemoine
  • « WebComponents, Polymer and Material Design » par H. Gonzalez

*Parfois, les choses les plus effrayantes viennent de l’intérieur

Where did he learn how to negotiate (TCP) like that?

En 2015, les premières implémentations de http/2 voient le jour dans les navigateurs Web modernes et ce, même si la spécification ne sera finalisée que quelques années plus tard !

HTTP2 est orienté stream, permettant entre autre, de faire enfin des appels HTTP en parallèle, nativement sécurisés. Les développeurs prennent également conscience qu’il est temps de suivre l’adage « le bon outil pour le bon usage ». Http est omniprésent mais pas le plus adapté, notamment pour les communications des objets connectés. En 2035, les nouveaux protocoles sont partout. L’avènement des objets connectés en 2015 a forcé les entreprises à se tourner vers de nouveaux protocoles plus modulaires et plus réactifs que l’omniprésent Http. Les objets connectés s’appuient dorénavant sur des protocoles construits directement au-dessus de TCP ou UDP. C’est notamment le cas du protocole MQTT toujours aussi efficace pour faire du publish / subscribe.

Quelques talks associés :

  • « HTTP/2: A deux c’est mieux! » par JF. Arcand
  • « Comprendre l’IOT grâce à une boule… mais pas que », par L. Huet & P. Charrière
  • « De l’API au protocole », par G. Couprie

* Où est-ce qu’il a appris à négocier (TCP) comme ça?

Some (entreprise) things never change… some things do*

Malgré les nombreux ouvrages démontrant les mauvaises pratiques de management de projet – notamment décrites dans le livre de F. Brooks «  The Mythical man months » datant de 1975 (sic !) –  certaines idées reçues ont la vie dure !

En 2035 (comme en 2015 d’ailleurs), beaucoup de sociétés tombent encore dans le panneau des idées reçues de l’informatique : ajouter des développeurs en plus en fin de projet pour limiter le retard, faire plusieurs projets en parallèle, chasser les très gros projets informatiques…

Quelques talks associés :

  • « Les idées reçues de l’informatique : quand nos erreurs de raisonnement nous limitent », par L. Cinquin.

*Certaines choses (d’entreprise) changent, et d’autres ne changeront jamais

Can a robot turn a canvas into a beautiful masterpiece?*

En 2035, le monde est fortement robotisé. Après l’utilisation massive de la robotique pour l’industrie, les robots commencent à faire leur apparition dès les années 2020 pour apporter du service à la personne. Aider les personnes en situation de handicap moteur afin de faciliter leur déplacement, les assister ; mais également les personnes âgées souffrant de pertes de mémoire, et pour lesquelles, les robots vont aider à maintenir une socialisation.

Les robots sont également présents en tant qu’intelligence, pour aider tous les médecins à diagnostiquer certaines maladies en s’appuyant sur des intelligences partagées dont Watson est précurseur.
Les robots apprennent d’abord isolément à identifier leurs environnements. Puis collectivement, en transmettant leurs nombreuses données d’apprentissages qui sont stockées en masse, puis analysées par des algorithmes de Machine Learning, afin d’améliorer les prédictions et donc, en retour, l’intelligence de chaque robot. Mais attention, toutes ces données collectées sur les propriétaires des robots sont-elles utilisées à bon escient ?

Quelques talks associés :

  • « Le futur de la robotique personnelle », par R. Gelin
  • « Un robot peut-il apprendre comme un enfant ? » par PY. Oudeyer
  • « Créer des applications cognitives avec IBM Watson Engagement Explorer et Bluemix », par P. Comte
  • « La problématique du contrôle des technologies de l’information », par E. Fillol

*Est-ce qu’un robot sait transformer un bout de toile en magnifique tableau de maître ?

Always in motion the future is*

Nous sommes de retour dans le présent. Devoxx 2015 nous aura donné un avant-goût de ce que l’avenir nous réserve et nous aura permis d’anticiper notre futur de métier de développeur et plus généralement d’informaticien.

Cet article fait référence à une sélection des conférences que nous avons pu voir en tant que participants et que nous invitons à voir, ainsi que de nombreuses autres toutes aussi intéressantes, sur le site officiel de Devoxx, ainsi que prochainement sous forme de vidéo sur le site de Parleys.

Et comme disait le Doc’ « Le futur n’est jamais écrit à l’avance pour personne ; votre futur sera exactement ce que vous en ferez alors faites qu’il soit beau pour chacun de vous. »

* Toujours en mouvement le futur est

Article co-écrit avec Jean-François Garreau

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