Comment devenir speaker ?

Régulièrement je croise un grand nombre de personnes talentueuses techniquement. Que ce soit dans ma société ou lors des évènements que je peux organiser avec le GDG.

Bien souvent ces gens talentueux ne sont pas derrière le pupitre à partager leur savoir mais côté public. Pourquoi donc ? Pourquoi ne franchissent-ils pas le pas ?

Je vais essayer à travers une série d’articles de vous partager des conseils et bonnes pratiques que j’ai pu glaner ici et là lors des conférences où j’ai eu l’occasion de participer, soit d’animer.

Avant d’aller plus loin et de rentrer dans le vif du sujet, sachez que je ne me revendique aucunement comme un “speaker expert”. Je me permets juste ici de donner mon avis construit sur mes multiples expériences que ce soit en tant que participant ou conférencier.

Vainquons nos peurs !

vaincre sa peur

Regardons de plus près les craintes qui se cachent derrière la peur de monter sur scène.

Syndrome de l’imposteur quand tu nous tiens !

Pour réussir à trouver son sujet, il faut commencer par vaincre ses peurs et aller contre ce terrible mal qui frappe la communauté des développeurs(euses) : le syndrome de l’imposteur ! Pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne vais pas me lancer dans une explication car de nombreux articles ont déjà très bien traité ce sujet à de multiples reprises J’ai testé le syndrome de l’imposteur. J’expliquerai juste rapidement qu’il s’agit d’une façon qu’ont les individus à se sous-évaluer et se croire toujours inférieurs et moins légitimes que leurs collègues sur les sujets techniques.

Revenons sur le speaker : très souvent nous avons peur d’être “démasqués”, que notre incompétence puisse être révélée au grand jour ! Mais je vous rassure, si vous avez peur de ça, c’est que justement vous ne serez pas un imposteur ! En effet, le fait de douter prouve que vous avez envie d’apporter quelque chose à votre auditoire et si vous vous lancez dans cette aventure, vous n’irez pas sans préparation ni maîtrise du sujet, justement grâce à cette même peur !

Je suis plus fort que ça !

Ok, donc commençons par-là ! Arrêtons de croire que l’on est mauvais, que l’on a rien à partager et que l’on ne vaut rien. Depuis que nous sommes tout petits, nous aimons partager. Le monde de l’informatique est dynamique parce qu’il y a justement ce partage de connaissances. Tous ces échanges qui se font près de la machine à café, le soir autour d’un verre ou simplement lors d’une session de pair programming. Bref, nous partageons et échangeons sans cesse !

Je ne suis pas si nul que ça

Si nous regardons notre manière de partager l’information déjà aujourd’hui : que ça soit des partages sur les RSE, ou réseaux publics, ou comme je le disais, autour d’échanges informels, on se rend compte que finalement, nous avons des choses à dire ! En effet, tout le monde ne va pas présenter une session de 3h sur la façon d’optimiser dans le détail une application ReactJS pour tenir la charge d’un million d’utilisateurs. Mais sans partir dans les extrêmes il n’y a pas qu’un format de conférences. De même, il n’y a pas qu’un seul profil de speaker, il y en plusieurs !

Les différents niveaux du speaker

Regardons les possibilités dont nous disposons. Je considère qu’il y a, grosso modo, 4 profils de speakers :

  • Le Débutant : C’est celui qui fait des petites sessions dans sa société le soir ou le midi. C’est là que tout commence : nos premiers échecs, partages, …
  • Le Local : C’est le speaker qui sort de sa zone de confort pour aller s’exposer dans sa ville. Bien souvent quelle que soit la ville où on vit, il y a toujours un User Group pas loin, et ces derniers sont toujours dans l’attente de speakers. C’est là que le local entre en jeu ! Il participe de façon plus ou moins régulière en tant que speaker à des sessions d’un User Group.
  • Le National : Lui ou elle, a déjà fait pas mal de route et il s’attaque maintenant à des journées de conférences dites “nationales”. Ce sont des journées comme le DevFest Nantes où le participant aura sur une journée plusieurs conférences. Une expérience minimum est requise car le plus souvent il y a une attente plus forte de la part des participants.
  • La Rock-star : Ce speaker c’est celui que l’on invite. Il a atteint un niveau où les organisateurs viennent vers lui et hormis 2/3 conférences qu’il a dans son scope, il n’a jamais besoin de faire l’effort de se proposer.

Essayez maintenant de vous positionner dans ce barème et de voir si vous voulez évoluer dans ce dernier. Il est important de bien avoir en tête que le passage de “National” à “Rock-star”, ce n’est pas forcément quelque chose que l’on contrôle. Au niveau “National” il y a déjà beaucoup de choses à faire et à travailler 🙂 Mais ça, on en parlera dans un autre article.

Je ne sais pas de quoi parler ?

illustration page blanche

La première chose qui ressort à chaque fois que je discute avec des gens que j’essaye de convaincre de parler sur scène, c’est : “Je ne sais pas de quoi je pourrais parler”.

Et bien sachez que ce n’est pas si compliqué que ça ! Il y a un moyen très simple de trouver des sujets et il tient en 3 points :

  1. Qu’est-ce que je fais ?
  2. Quel format je vise ?
  3. Dois-je trouver un(e) binôme pour m’aider ?

Qu’est-ce que je fais ?

courbe du hype de gartner

Connaissez-vous cette courbe ? Il s’agit de la courbe du Hype de Gartner, elle représente l’évolution d’une technologie.

  • Au début, il y a les “Early adopters” et il s’en suit une phase courte mais intense d’adoption de la techno. C’est le moment où on entend parler soit les créateurs de la technologie, soit des early adopters.
  • Ensuite, une fois bien évangélisée, il y a beaucoup d’espoirs et la techno est maintenant “trendy”.
  • Vient ensuite la phase de la désillusion. On se rend compte qu’elle ne faisait pas tout ce qu’on pouvait en attendre, qu’on est obligé de trouver des contournements pour faire marcher telle fonctionnalité…
  • S’en suit une phase de correctifs & bonnes pratiques.
  • Pour finir notre technologie est éprouvée et atteint un état mature et productif.

Revenons à notre sujet. Et bien à chacune de ces phases vous remarquerez que vous avez déjà vu des conférences sur ces niveaux :

  • L’adoption : nous sommes dans une phase d’évangélisation forte. Vous n’êtes pas obligé d’être un expert en la matière pour venir en parler car pour l’instant vous êtes le seul à en parler. Cela ne veut pas dire que vous n’êtes pas compétent pour autant 😉
  • La phase de la désillusion & la phase correctifs : nous sommes dans une période où l’on voit beaucoup de conférences types “Retour d’expérience sur …” & “Bonnes pratiques …”. L’objectif est bien de partager sur une réelle expérience autour de la technologie et sur ce que l’on pense pouvoir apporter aux autres en la matière. Pour faire ce genre de conférence, il faut s’être confronté de façon plus forte à la technologie et avoir mené à bien, un ou plusieurs projets.
  • Le plateau de productivité : cette phase est réservée aux experts car, à partir du moment où la technologie est éprouvée, il faut aller au fond des choses !

En quoi ça va m’aider tout ça ?

Et bien c’est très simple :

  • Si vous faites de la veille, que vous bossez sur des technos émergentes, vous aurez un profil de speaker à parler sur la phase d’adoption.
  • Si vous êtes parti sur une nouvelle techno validée par la hiérarchie et que vous venez d’essuyer les plâtres, vous êtes en mesure de parler de REX ou alors de donner des conseils sur ce qu’il ne faut pas refaire.
  • Enfin, si cela fait des années que vous travaillez sur cette techno et que c’est toujours à vous que l’on confie les clés des fonctionnalités “touchy”, c’est que vous êtes sûrement dans la case expert et que vous avez des connaissances uniques.

Ça y est ça devient plus clair ?

Positionnez-vous dans cette courbe en fonction de vos sujets pro / perso et vous verrez que vous trouverez des sujets !

Alors attention ! Prenez aussi en compte votre niveau de speaker. En effet, en tant que speaker débutant ou local, il est facile de venir parler d’une nouvelle techno alors qu’au niveau national, le même sujet générera plus d’attentes.

J’ai trouvé mon sujet ! J’en parle combien de temps ?

chronomètre

Vous n’avez que l’embarras du choix !

  • Les lightning talks (5 min à 15min) : ce format n’est pas toujours évident pour un débutant (pour la durée de 5min) car il faut être vraiment très concis et réussir à mettre en avant des points bien précis ! Il demande à être beaucoup répété et d’avoir été joué devant une audience complice auparavant, afin de retravailler éventuellement le contenu.
  • Les Quickies (autour de 30 min) : ce format est intéressant car il permet de présenter plusieurs choses sur un sujet sans pour autant avoir trop de risques de déborder. C’est un bon format pour un début.
  • Le “Tools in Action” (autour de 30 min) : même durée que le Quickie mais orienté démo. Dans ce talk, la complexité de l’exercice repose sur la capacité du conférencier à faire du “live coding” ou faire des démos d’un outils. L’effet démo étant omniprésent dans ce type de talks, de bonnes et nombreuses répétitions sont nécessaires ! Ce format n’est donc peut-être pas idéal pour un débutant.
  • La conférence (entre 45min et 1h) : Ce format est le plus répandu dans les journées type DevFest. Il permet de bien rentrer dans un sujet et permet de proposer beaucoup de contenu de qualité. La difficulté dans cet exercice est de bien maîtriser son temps ! Une conférence trop courte sur ce format sera mal vue.
  • Les universités (entre 2h et 3h) : Ce format est en général réservé aux experts car on va aller très loin dans l’exploration d’un sujet technique.
  • Le Codelab (entre 2h et 3h) : Même durée qu’une université sauf que le Codelab est là pour faire pratiquer les gens ! Ce format est relativement intéressant car vous maîtrisez le déroulement de l’atelier. Il y a généralement beaucoup d’interactions dans un Codelab. La difficulté de cet exercice repose dans sa préparation. Il faut bien penser à ces étapes pour permettre aux gens en retard de suivre, et également d’avoir bien tout calculé pour être dans le timing.

Je pense que vous comprenez maintenant que vous n’avez plus qu’à choisir !

Trouver un(e) binôme pourquoi faire ?

binome

Souvent les gens seuls ont peur de passer sur scène alors que s’ils savent qu’ils sont accompagnés, cela les aide à prendre la parole.

En effet, dites-vous bien que 2 conférenciers, cela veut dire pour les spectateurs, plus de dynamisme dans la présentation. En effet, si l’un s’acharne sur une démo qui ne marche pas. Le plus souvent le copain sera là pour prendre le relais ou vous aider à passer à autre chose. De même, le changement de conférencier ramène bien souvent l’auditoire à vous écouter plus attentivement.

Donc si vous hésitez à parler sur un sujet, demandez-vous aussi si la personne à côté de vous ne veut pas vous accompagner car cela pourrait vous faire grandir tous les 2 !

Conclusion

Vous avez le pouvoir ! Trouver un sujet et un format n’est pas réellement votre problème pour devenir un speaker. Votre problème est plus finalement de combattre votre peur. Mais là encore, j’ai essayé de vous montrer que cette peur n’est pas réellement fondée et pensez “binôme” si vous n’osez pas y aller seul !

Dans les prochains articles sur ce sujet, je traiterai de l’attitude à adopter pour poster un sujet dans un cfp (Call For Paper) et aussi les conseils et bonnes pratiques d’une présentation.

 

Vous pouvez retrouver cet article sur le blog de l’auteur : http://jef.binomed.fr

Jean François Garreau

Consultant Expert Innovation SQLI Nantes

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